Variation sur Amour et Connaissance  

Point de vue anthropologique, analyse psychologique

Illel Kieser 'l Baz

La science et la religion sont-elle compatibles comme voie de connaissance du monde et de l’Univers ?

L'Islam a remis à jour cette question, notamment face à la volonté d'intégristes musulmans soucieux d'apporter des nouvelles règles de vie à leurs concitoyens par l’application de la « ‘charia ». Cela, bien sûr, focalise les rumeurs autour d’une religion qui serait tout, sauf une voie de connaissance, pourtant, toutes les autres religions sont concernées. Et on ne peut manquer d'être frappé par les propos du Pape face aux foules d'Amérique du Sud – en 1991, interdisant l'usage des condoms sous prétextes que ce préservatif empêche d'être en accord avec la loi de Dieu, fort anonyme et discret au demeurant. On imagine bien que les mêmes propos puissent être tenus devant les foules africaines rongées par une épidémie dont on mesure mal l'ampleur en Europe. Or, si les religions existent et se maintiennent, il faut bien des humains pour les fonder et leur donner une durée. Et, pour cela faut-il encore que leurs préceptes répondent au besoin du moment et apportent des réponses aux problème quotidiens qui se posent au quidam « mondial ».

Nul ne peut nier la formidable impulsion créatrice donnée par toute nouvelle croyance qui dépasse et transcende celle qui la précède. Le Christianisme et le Muhammadisme en sont des exemples toujours vivants. Mais on sait aussi que les religions sont mortelles, tout au moins qu'elles traversent des phases plus ou moins longues de déclin. L’Histoire nous renseigne sur ces cycles et montre que les périodes de déclin sont souvent signalées par des vagues moralistes très puissantes, de retour forcé à d'anciens dogmes comme si ces derniers constituaient des défenses ultimes contre un chaos à venir. Comme si les humains, confrontés à de nouveaux horizons ne voyaient, dans un premier temps, pas d'autre issue que dans le refuge en des valeurs connues quoique désuètes. Les commandements du Pape paraissent ainsi, comme des injonctions à un sauvetage malheureux et voué à l'échec. Mais les vieux dieux ont, de tous temps, été impuissants à réduire un chaos qu’ils ne savaient pas nommer.

Comment les religions meurent-elles ? Comment reconnaître les signes qu'une doctrine marginale peut devenir une religion puissante ? Telles sont les questions qu'un anthropologue peut se poser. Et, de ce point de vue l’Islam, religion historique, demeure un mystère. Voilà, en effet, une religion fondée par un homme simple, devenu prophète, et qui est devenue au troisième millénaire une puissance incontournable. Il y a à peine moins d’un siècle, on disait de l’Islam qu’il ne pouvait « entrer » dans l’Histoire tant cette religion demeurait archaïque. Entrer dans l’Histoire cela voulait dire, bien entendu, accepter les contraintes de la modernité et de l’industrialisation. On jetait donc hors des limes du monde un petit milliard d’individus. Ce ne serait pas la première fois qu’une culture, la culture Nord Occidentale, bien sûr, s’arrogerait le privilège de choisir les sujets de sa cour ! Tout juste le Nouvel Âge avait-il remis à l’honneur le Bouddhisme, mais c’est l’Islam qui sortit du chapeau d’un magicien inconnu.

Il fallut bien se demander ce que cela voulait dire… après des milliers de morts, bien entendu !

Au nom de l’Islam, on enferme les femmes, on coupe la main des voleurs... Mais tout cela relève-t-il vraiment de la religion ? Et la religion peut-elle être, à un moment donné du parcours de l’Histoire, un chemin de connaissance, au sens de voie hors de la barbarie ?

Nous devons donc étudier la relation qui existerait entre une cosmogonie islamique et celle du monde contemporain, c'est-à-dire la science puisque c’est elle qui a hissé l’Homo Sapiens hors de la barbarie. Or, si les intégristes de tous bords démontrent trop facilement l'existence d'une incompatibilité entre la connaissance et le rite, est-ce cela qui gommera la volonté même du Prophète de s'engager dans la ligne de la connaissance ? Précepte même de l’Islam des origines.

Les objets de la connaissance

Percer les mystères de la nature, tel est bien l'objet de la connaissance. Science et Religion se disputent le même objet sur le même terrain, celui de l’appréhension du mystère et de l'inconnu.

Le pouvoir qui émane de la science laisse croire que cette dernière s'occupe réellement du savoir et la religion de croyance. Or, le psychologue et l'ethnologue renforcent leurs expériences pour dire qu'il s'agit de part et d'autre de discours spécifiques à une représentation du monde qui se révèle en termes scientifiques pour l’une et théologiques pour l’autre.

Qu'est-ce qui les distingue alors l'une de l'autre ? Comment concevoir à notre époque qu'il y ait des formes d'accès à la connaissance dont les pouvoirs soient égaux ou complémentaires ? Pouvoir religieux et pouvoir scientifique demeurent semblables face au mystère de la nature humaine qui s'est substituée à celui de la Nature.

S'il n'y a pas opposition, y a-t-il complémentarité ? Dès lors que la science se place dans la ligne du progrès, la Religion devrait-elle plutôt être repérée dans celle de la régression ou, pourquoi pas, l’inverse ?

Si quelque chose distingue Science et Religion, ce n'est pas l'objet qui les différencie, ce ne peut être que la structure du savoir et les modalités de sa mise en place. On parle de méthodologie d’un côté, de rite, de liturgie ou d’ascèse de l’autre.

Les voies d'accès au mystère les distinguent. L'une procède par l'essor continu de la conscience, l'autre par communication directe avec l'inconscient. Mais la science récapitule les données de la psyché. On sait ce que les découvertes scientifiques doivent à une lente maturation dans un lieu mystérieux de l'être que d’aucuns nomment l’âme et auquel la religion permet d’accéder par des voies ritualisées.

La science procède par expérimentation sur l’objet, la religion accède aux voies de la connaissance par révélation.

Le savant opère selon la logique d'un système qui lui est propre et ce faisant, il explore un terrain connu et balisé selon des critères familiers. Cependant un certain sens lui fait repérer des zones obscures dans l'univers qu'il explore – pour peu qu’il veuille bien admettre que ses instruments ne sont pas tout puissants. Tant que sa méthodologie conduit à des réalisations satisfaisantes ces zones demeurent volontairement inexplorées voire niées.

Mais il peut advenir une " catastrophe " qui marque l'arrêt d'une exploration aussi cohérente et satisfaisante. Alors le mystère réapparaît, d’autant plus épais qu’il aura été « occulté ». Plus rien ne se passe pour ce savant qui bute sur une barrière, puisque sa méthode n’est plus opérante. Il s’agit d’une barrière analogue à celle qui se serait formée entre les zones interne et externe de la psyché, entre une conscience rigide et fermée à « l’occulte » et le reste de la psyché vouée au même sort que cette masse « occulte/occultée ».

L’exploration du sacré ne réside-t-elle pas dans cet instant de confrontation et de doute, quand, par un intense effort d’ouverture du conscient, le savant parvient à percer soudain les murs du mystère, en un miracle que sa conscience retiendra à peine tant cela est, pour lui, habituel ?

Nous posons les termes de l'alliance entre science et religion. C'est dans sa volonté de percer le mystère du monde que l'Homme se met en quête pour repousser les murs de l'inconnu. Durant cette phase de lutte contre la ténèbre, l'Homme acquiert le sens du sacré constitué de ces alternances de volonté et de lâcher prise. Le sacré n'est pas ambivalent, c'est l'attitude de la conscience, face à lui, qui l'est.

Dans cet effort consenti, la ténèbres s'éloigne...

Ou bien ce sont les frontières de l’ombre qui s’estompent. L'Homme explore son terrain, il chasse et conquiert, devient volontiers impérialiste. Il affine ses outils, se perfectionne lui même et devient souvent narcissique, à force de confondre son ego avec les voies d’accès à l’Inconnu.

La technique prend le pas sur l'invention, l'Homme Total s'endort en l’Homme, ou bien disparaît.

Le sage, le Soufi continuent leurs recherches et parviennent aux limites du savoir et de la morale. Dans cet espace nouveau rien ne se repère vraiment, le contour des choses est flou, les lois semblent chaotiques, se mouvant sans cohérence.

 

L'Homme épris de savoir se souvient soudain que ses ancêtres avaient exploré la même contrée. Les mythes et les légendes le renseignent et dans un effort intense de mémorisation, il perd conscience, son corps se meut à sa place avec une précision terrifiante pour la logique. D'antiques rituels se mettent en place, re-nés d'un lointain passé. Comme sous l'égide d'un mystérieux appel, l'instinct reprend une place prépondérante et salvatrice.

L'Homme, le savant et l’ascète

Le Coran fait référence de manière constante à la science et au savoir mais aussi aux signes. Or, quand un texte religieux réfère à des signes ou au secret qui serait caché en quelque endroit, il est fait référence à deux modalités du savoir. D’abord le modèle scientifique classique est évoqué, c’est celui qui analyse et recense, mais c’est aussi le « savoir des signes » que Jibraïl – l’ange Gabriël/l'imaginal – rend totalement compréhensible. Un texte religieux fait référence aux deux modalités du savoir dont nous avons parlé plus haut.

Le Prophète exhorte les croyants à étudier la Nature et à utiliser au mieux les ressources de la conscience technique pour accéder à de nouvelles sources de mystère. L'Islam est une religion « impérieuse », vorace de savoir et avide de conquête sur les mystères de tout genre. C'est pourquoi, prendre les prescriptions de cette religion au pied de la lettre, ce qui est une forme d'idolâtrie, c'est rendre intenable et indéfendable toute forme de fondamentalisme.

C’est aussi pourquoi l'Islam peut envoyer ses fidèles à la mort sans devoir justifier par avance qu'il s'agit bien de conquêtes spirituelles et non pas uniquement matérielles et concrètes. C'est, dans ce cas, se laisser prendre par le même démon qui s'est progressivement emparé de la société occidentale durant des siècles : une confusion des plans, celui du mystère et celui de la réalité physique objective. Dans cet aveuglement, le « fidèle » se perd sans le savoir, se croyant en plein élan vers la délivrance – Houria – il demeure au plan de la réalité. D’où, dès l’origine, l’avertissement lancé par le Prophète contre l’idolâtrie.

Face à l'emprise des fétichismes, nul recours ne semble pouvoir exister sinon ce retour, aberrant pour la conscience technique, à la sagesse du corps, à l'éclairement de l'instinct. Agir en synergie avec le mouvement de la vague qui déferle, c'est faire un saut dans le vide sans que nul critère moral ou scientifique ne vienne garantir la fiabilité des actes et des décisions. Dans cette abandon, nulle déesse Sécurité ni fée Stabilité…

Retour inopiné et presque agaçant au religieux, mais d'une manière totalement différente de l'attitude puritaine, contrite, sans ambition des intégristes ou des "nouveaux puritains" de tous acabits qui prolifère sur la planète.

Ce n’est pas par la lutte que l’Homme peut accéder à une nouvelle dimension du savoir mais par l’abandon de soi !

Mais, à la lecture de l’histoire des faits religieux, qui peut manquer de se poser la question de la limite morale de ces propos ? La saga hitlérienne n'était-elle pas religieuse ? La saga de Mohammad Atta n’était-elle pas un acte religieux revendiqué comme tel ? Qu'est-ce qui nous garantit alors contre toute transversation du phénomène religieux ?

Qu'est ce qui distingue le religieux de l'anti-religieux, le progrès d'une forme de régression soigneusement maquillée ? Telles sont les questions que les philosophes de l'ère moderne devront affronter et ces questions sont vraies pour l'ensemble des doctrines de la planète.

Or, de toutes les grandes cultures, les nations islamiques sont celles qui, actuellement, font le moins de place à la science. Est-il permis de comprendre ce fait autrement que par une explication économique ? De l'Islam des origines à l'Islam contemporain, nous avons noté le refoulement progressif de l'Anima comme principe féminin, l'inspiratrice, celle qui permet au savant de s'abandonner et de trouver, à l'artiste de créer. Au refoulement de l'Anima correspond la répression de l'Animus de la femme, outil d'action de la femme dans le social. Réclusion de la femme et refoulement du féminin se répondent comme moyens d'une même finalité politique, l'immobilité totale de la culture, le traditionalisme, l'immobilisme et la mort sociale pour corollaire.

Dans une société technicienne le raidissement de la conscience se manifeste par une perte de la capacité d'invention – et, inventer, ce n’est pas créer de nouveaux objets, c’est, véritablement, « créer » une nouvelle cosmogonie. L'être n'est pas dans la mana des objets de la science, il peut alors retourner au fanatisme religieux, conduit, paradoxalement, par son instinct. C'est ce qui arrive à nos modernes ingénieurs qui rejoignent de plus en plus nombreux des sectes aux doctrines totalement incohérentes mais efficaces au plan pédagogique en fournissant à chacun une explication cohérente de la vie et de l’Univers. Or l'incohérence et l'irrationnel tiennent lieu d'appât. Une partie de l'avenir de l'Europe dépend en fait des musulmans – 90 millions de personnes – et surtout de leur capacité à se dégager de l'emprise où les tient la culture septentrionale ce qui est un véritable esclavage psychique.

L'Imam Khomeiny avait parfaitement compris ce dont il était question mais il ne parvint pas à sortir du refoulement de sa propre anima. Il ne lui suffit pas de raviver le mysticisme chiite, il lui fallu de surcroît, s’introduire dans le domaine juridique alors que ses capacités d’invention étaient épuisées. Non parce qu’il manquait d’intelligence mais parce que la cosmogonie au sein de laquelle il se plaçait ne pouvait répondre aux besoins de tout un peuple.

L’approche de son inconscient et une ascèse appropriée lui eut donné ce trait si singulier qui distingue un homme de stature historique d'un autre doué de charisme mais empêtré dans ses contradictions.

L'enjeu fut aussi, pour cet homme, d’ordre personnel, il aurait pu, en effet, évoluer de telle manière qu'il eut alors abandonné tout dessein politique pour devenir un grand mystique, après avoir délivré son pays.

Gandhi sut atteindre ce point où la mystique ne se confond pas en vaines tentatives pour domestiquer la réalité. Et ce n’est pas un hasard s’il mit au service de son peuple un activisme aussi puissant que passif. Il inventa la révolution dans l’abandon et il lui fallut un courage considérable pour imposer cela, d’abord à ses proches.

De la confusion des plans – au sens psychologique – naissent la terreur et la mort. De la volonté de puissance naît la mort vaine. Seul le travail de différenciation – le travail sur soi – conduit à l'invention de nouveaux horizons.

Je ne dis pas que l’Islam ne répond plus aux exigences du monde contemporain mais que son assujettissement à une conscience unilatérale – comme l’est la conscience technique de l’Occident – ne permet pas de revenir au mythe d’origine. Or, ce dévoilement des sources ne peut se faire par le seul examen de l’Histoire – la Raison donc – mais par le recours complémentaire à un retour sur soi. Dès que le mythe se fige en un arsenal de règles, il n’est plus l’expression de l’imaginaire qui l’a créé, il est document juridique, sans plus. Or, le juridique doit suivre le fleuve du temps.

Peut-on alors me rétorquer qu’une partie du Coran serait ainsi devenue caduque ? Je répondrai par : « Suivre l’esprit et non la lettre ! »

J’en dirai tout autant des Évangiles !

On ne peut faire de politique sans être « inspiré » ou sans un solide travail sur soi, lequel facilite au moins la perception des différents niveaux de réalité.

Ce qui revient à dire que la position scientifique se satisfait d'un « travail sur soi », à l’instar de ce prônaient les antiques sagesses et Muhammad à leur suite.

Certes, à condition de bien mesurer que, dans ce cas, le véritable scientifique est donc celui qui s’ouvre aux mystères que sa méthode « dévoile ». En terme plus prosaïques, disons que le scientifique qui se dote d’un véritable savoir épistémologique – capable d’introduire le doute dans ses certitudes –, celui-là est proche de la connaissance mystique.

« Considérer la vérité en toute chose » – El Mazani ‘l Kbir, mystique musulman du IXe siècle, telle est la voie du Soufi et cela, nul scientifique sincère ne pourrait y renoncer ni le contester.

 

Cela ne veut pas dire que tout scientifique dusse se soumettre à une psychanalyse. Cette dernière, je l’ai assez dit est demeurée objectale et ignore la mystique sinon comme pathologie.

Mais je tiens pour probable qu'il émergera des sous-couches de la culture mondiale une catégorie d'êtres qui seront capables d'affronter les pièges tendus par les illusions de la science et les terribles pouvoirs conférés par le religieux. Comme sous Rabelais, Science et Conscience peuvent – et doivent – encore fort bien faire alliance pour tisser des lendemains plus charmants que ceux promis par les puritanismes ambiants. Et ces « veilleurs » là n’appartiendront pas aux élites contemporaines, trop enfermées dans leurs certitudes idolâtres mais à ceux qui ne possèdent, pour l’instant, rien d’autre que leur doute et leur besoin de savoir.

« La vérité ne se trouve que dans l’existence des réalités. » Ce n’est pas un savant qui le dit mais un Soufi, Cheikh Abd ‘l hadi ben Ridouane.

 

Illel Kieser ‘l Baz, Mauvezin, 12/2001

 

BIBLIOGRAPHIE DE BASE

Cette bibliographie souligne, par sa brièveté, l'étroitesse de la place qui est faite à l'Islam dans la culture septentrionale francophone. Malgré une assez grande ampleur de l'effort éditorial consenti par les élites contemporaines face au problème politique posé par l'irruption de l'Islam, il n'y a guère de progrès quant à la connaissance que nous avons de cette civilisation. En effet, la plupart des productions éditoriales d'aujourd'hui demeurent à un niveau d'analyse atrocement réducteur et négateur de la dimension "autre" de cette religion et de ses résurgences.

 

– LE CORAN : Aucune traduction n'est parfaite, toutes ont de l'intérêt. Voici une édition bilingue due à Mohammed Hamidullah, Professeur à l'Université d'Istambul.

La traduction de Régis Blachère nous paraît également très bonne.

En ce qui concerne les Hadith, six grand recueils font autorité : les Sahih, l'authentique de Bukari et de Muslim, et les Sunna (conduites) d'Abu-Dawud, de Trimidhi, de Nasa'i et d'Ibn Maja, tous composés au troisième siècle de l'Hégire (IXe siècle après J.-C). Nous nous sommes appuyés, quasi entièrement, sur des Hadith de Bukari.

– LINGS Martin, Le Prophète Muhammad, éd. du Seuil 1985. C'est une bonne biographie de Muhammad en même temps qu'un magnifique récit des origines. C'est donc aussi une mythographie. N'oublions pas qu'il n'existe pas encore de véritable investigation historique sur la vie du Serviteur de Dieu. Les archives sont si dispersées, inaccessibles ou interdites, que l'on demeure encore tributaire des logoi des proches du Prophète.

– EL BOKHARI : Choix de h'adïth (complétement du Coran) éd. Fasquelle PARIS 1962. (Un aspect caractéristique du pouvoir intellectuel : on fait des choix au sein d’un texte accepté comme fondateur. Pourquoi ? Qui le sait ?)

– CORBIN Henri, Histoire de la philosophie islamique, Folio Essais. (Il est fait le reproche à Henri Corbin de ne pas être allé directement aux sources.)

– Dermenghem Emile, Mahomet et la tradition islamique, éd. Seuil, collection " Maîtres spirituels ", Paris 1955. C'est un excellent résumé et la meilleure introduction qui soit à l'Islam.

– TAHAR Gaïd, Dictionnaire élémentaire de l'Islam, Office des publications universitaires, Alger 1984 et ss. Indispensable comme guide tant pour l'arabisant que pour le profane en cette langue.

– Le livre de Slimane Zhedigour, 50 mots de l'Islam, DDB, 1990, ne parvient pas à satisfaire une curiosité qui voudrait aller au-delà des poncifs.

– GARDET Louis, L'Islam, éd. DDB. 1967. Avec le livre de Henri Corbin, c'est un excellent ouvrage pour comprendre la mystique, la philosophie et l'histoire de cette immense religion.

– Aït SABBAH Fatna, La femme dans l'inconscient musulman, Le Sycomore, Paris 1983. Un essai surprenant ! Le style universitaire ne parvient pas à occulter la passion qui réside derrière un tel écrit. C'est ainsi que l'Islam se pense, dans l'objectivité et dans la passion, et si le monde souhaite s'y familiariser, le tempérament islamique doit être pris en compte. Ce fut le premier essai sur la place du féminin dans l'Islam. La question est si embarrassante qu'il y a tout lieu de penser que les productions prochaines s'appuieront plus souvent sur le texte coranique pour étayer leur hypothèse.

Pour approfondir, n'oublions pas L'Encyclopédie générale de l'Islam, quasi introuvable ailleurs qu'en bibliothèque. Pourtant c'est la meilleure source historique francophone qui soit sur le sujet.

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