La cosmogonie
Sur le croquis suivant se trouve reprĂ©sentĂ© le Cosmos des Incas selon Santa Cruz Pachacati. Tout dâabord, on voit dans la partie centrale supĂ©rieure une forme ovale, qui reprĂ©sente selon le chroniqueur « le commencement et la fin de toute chose », plus prĂ©cisĂ©ment lâorigine de notre systĂšme solaire, lequel reviendra Ă son Ă©tat origine « Big Bang » (a) aprĂšs ĂȘtre arrivĂ© Ă sa fin. Cette forme ovale se dĂ©compose en trois parties :
La premiĂšre, Tonapa Wiracocha, reprĂ©sente lâĂ©lĂ©ment masculin, chaud, fĂ©condateur.
La deuxiĂšme, Pacha Yachachi Wiracocha, reprĂ©sente lâĂ©lĂ©ment fĂ©minin, telle la terre, froide, et qui donne la vie.
Enfin Ticci Wiracocha reprĂ©sente lâĂ©nergie, Ă©lĂ©ment sans lequel la terre serait un dĂ©sert sans vie.
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Pour quâil y ait une dynamique dâĂ©volution dans notre planĂšte, lâexistence de ces trois Ă©lĂ©ments complĂ©mentaires, mĂąle, femelle et Ă©nergie, est indispensable. Des deux cĂŽtĂ©s de cette forme centrale, on voit le soleil (b), mĂąle, la forme ovale, Ă©nergie, et la lune ©, femelle. Sans entrer dans les dĂ©tails et suivant lâordre des formes du cĂŽtĂ© du soleil, on peut dire quâelles font partie de lâĂ©lĂ©ment masculin, reprĂ©sentant, en ce qui concerne les saisons, le printemps et lâĂ©tĂ©, alors que les formes du cĂŽtĂ© de la lune sont les Ă©lĂ©ments fĂ©minins, tout comme lâautomne et lâhiver. La partie centrale de cette carte cosmique est la zone dâĂ©nergie oĂč sâunissent les Ă©lĂ©ments mĂąle et femelle qui engendrent la procrĂ©ation et lâabondance. Nous pouvons voir la circulation de lâĂ©nergie sur le croquis suivant. Il est intĂ©ressant de remarquer que cette Ă©nergie Ă©volue en circuit fermĂ©.
La sphĂšre terrestre (d) du cĂŽtĂ© du soleil, appelĂ©e Pacha Mama (MĂšre PlanĂšte), Ă lâintĂ©rieur de laquelle on aperçoit trois montagnes reprĂ©sentent Ă©galement les trois Ă©lĂ©ments vitaux. Du cĂŽtĂ© gauche de la sphĂšre, ce qui paraĂźt ĂȘtre une espĂšce de serpent est en rĂ©alitĂ© la foudre (e), qui tombe sous forme de pluie et crĂ©e une riviĂšre qui fertilisera la terre et donnera la vie. Bans la partie basse, on voit un rectangle quadrillĂ© (f) qui reprĂ©sente des terres, lieu de reproduction des vĂ©gĂ©taux. A partir de notre analyse de cette carte cosmique, nous pouvons constater que le systĂšme solaire et la terre ont le mĂȘme principe, puisquâils ont leur origine dans lâunion des Ă©lĂ©ments froid-chaud ou fĂ©minin-masculin. Pour lâindigĂšne, lâUnivers est le reflet de son image et vice-versa. Selon cette conception, lâinfiniment grand, comme les phĂ©nomĂšnes atmosphĂ©riques et les accidents gĂ©ographiques, est source dâĂ©nergie. En particulier, les montagnes sont peuplĂ©es de phĂ©nomĂšnes qui Ă©chappent Ă lâentendement, auxquels on donne un nom et que lâon identifie Ă une divinitĂ©. Pour quâil existe une harmonie avec lâhomme, celui-ci assure, Ă travers les rites et les sacrifices, le bon fonctionnement de la rĂ©ciprocitĂ© entre le monde dâen haut et le monde dâici. De mĂȘme, il doit exister une complĂ©mentaritĂ© au niveau de lâagriculture entre lâhomme et ses ancĂȘtres (monde dâen bas), auxquels on offre les meilleures graines de la rĂ©colte pour assurer la germination des plantes.
Avec ces rites et sacrifices, nous pouvons remarquer une fois de plus que lâhomme des Andes attire lâĂ©nergie de lâespace et lâeau des pluies qui fertilisent la terre (matiĂšre). Par ce processus, il unit le monde dâen haut et le monde dâen bas dans le monde dâici. En ce qui concerne les maladies, on peut dire quâelles sont provoquĂ©es par la rupture de la rĂ©ciprocitĂ© entre le matĂ©riel et le spirituel.
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Les maladies
Pour le guĂ©risseur, les maladies se divisent en trois catĂ©gories : les maladies envoyĂ©es par Dieu, celles dont lâhomme est responsable et les affections surnaturelles appelĂ©es « atteintes ». Les maladies envoyĂ©es par le Dieu chrĂ©tien sont organiques ; celles causĂ©es par lâhomme, appelĂ©es « maux », sont dues aux jalousies, haines, sorcelleries. Enfin, il y a les affections spirituelles, appelĂ©es « atteintes », comme la « maladie de la terre ». On attrape ce mal en passant ou en dormant dans un lieu « malsain », au bord dâune lagune, de ruines archĂ©ologiques (ancĂȘtres) ou de cimetiĂšres, chargĂ©s dâĂ©nergies nĂ©gatives.
Les symptĂŽmes seront diffĂ©rents selon les lieux et seul le guĂ©risseur (pongo) pourra soigner les maux provoquĂ©s par les entitĂ©s tutĂ©laires. Pour les mĂ©decins de la ville, ces symptĂŽmes sont des maladies psychosomatiques â surmenage, dĂ©pression nerveuse, mĂ©lancolie, dĂ©lires, etc. â mĂȘme si le patient est un paysan andin qui ne subit en rien les pressions de la sociĂ©tĂ© industrialisĂ©e : horaires Ă respecter, besoins particuliers de la vie citadine, etc. Le paysan prend son temps hormis lors des rĂ©coltes pendant lesquelles son travail sâintensifie, mais en contrepartie il en profite pour bien manger et danser, en fĂȘtant lâĂ©vĂ©nement en communautĂ©. Cela dĂ©montre bien que la vie Ă la campagne est beaucoup plus tranquille. Ă ce sujet, la mĂ©decine officielle (occidentale) est divisĂ©e. Certains mĂ©connaissent totalement lâefficacitĂ© de la mĂ©decine traditionnelle et la combattent, alors que dâautres essayent dâen tenir compte en faisant une analyse critique dâun point de vue psycho-historique et anthropologique, cherchant des rĂ©fĂ©rences dans la mythologie andine.
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Le guérisseur
Le prĂȘtre de lâancienne religion andine subsiste toujours grĂące Ă la tradition orale, et lâactuel guĂ©risseur des Andes est le dĂ©positaire des racines culturelles. Les pratiques du « pongo » trouvent leur origine dans la religion et les mythes qui font partie de lâhistoire de cette sociĂ©tĂ©, Ă laquelle il manquait une Ă©criture comprĂ©hensible pour les Espagnols. Comme ses prĂ©dĂ©cesseurs, le guĂ©risseur de lâĂ©poque actuelle continue de pratiquer les rituels agricoles, religieux et sociaux. Le « pongo » sert dâintermĂ©diaire entre les habitants de la rĂ©gion et la divinitĂ© du monde dâen haut (Wamani) ainsi que ceux du monde dâen bas (les ancĂȘtres). En analysant la technique du guĂ©risseur dâun point de vue objectif, nous pouvons dire quâelle se compose de trois aspects : religieux, magique et magnĂ©tique. GĂ©nĂ©ralement, il effectue les guĂ©risons au pied dâune colline ou dâune montagne, lieu habitĂ© par la divinitĂ© tutĂ©laire de la rĂ©gion. Le guĂ©risseur, au niveau religieux, offre Ă la divinitĂ© de la montagne (Wamani) les offrandes acquises par le patient, avec lesquelles il prĂ©pare un autel (table) ainsi nommĂ© car on croit que la divinitĂ© se nourrit du parfum rĂ©pandu par la nourriture et les boissons. Câest aussi un moyen de mettre en pratique la rĂ©ciprocitĂ© entre le malade et la divinitĂ© que le « pongo » interroge pour connaĂźtre la thĂ©rapie Ă appliquer. Il reçoit la rĂ©ponse Ă travers lâĂ©cho. En ce qui concerne lâaspect magique de la guĂ©rison, on peut constater, dâune façon symbolique, que le patient est persuadĂ© que ses offrandes Ă la divinitĂ© sont partie intĂ©grante de sa personne et de la nature, et que les Ă©lĂ©ments sont sacrifiĂ©s sur le lieu mĂȘme. On peut dire que symboliquement il existe une communication Ă©troite entre la divinitĂ© et le malade. Pour ce qui est du magnĂ©tisme, on peut prendre pour exemple les manipulations du guĂ©risseur, lâimposition des mains au moment oĂč lâon fait passer un oeuf et un cochon dâInde sur le corps du patient.
Le sorcier ou « pongo », lorsquâil dresse la table (rituel au cours duquel il dispose les offrandes consacrĂ©es au Wamani), prend quelques petits verres dâalcool de canne Ă sucre et mĂąche une poignĂ©e de coca. Pendant la durĂ©e de la cĂ©rĂ©monie (de 15 Ă 30 minutes), le guĂ©risseur se concentre et lâon peut remarquer que sa voix change de ton. Lorsque commence le rituel oĂč il consulte la divinitĂ© de la montagne, le « pongo » entre dans une sorte de transe et lâon peut dire quâĂ partir de ce moment-lĂ il perd contact avec le monde qui lâentoure : son regard se perd dans le vague, ses mouvements deviennent automatiques. Lorsquâil est nĂ©cessaire dâentamer un dialogue avec le patient, il revient Ă lâĂ©tat de veille, et lorsquâil poursuit le rituel, il retombe dans une sorte dâĂ©tat second. Le « pongo » passe dâun Ă©tat Ă lâautre sans aucune difficultĂ©.
GĂ©nĂ©ralement, il est accompagnĂ© par une personne chargĂ©e de rĂ©pĂ©ter les rĂ©ponses faites en « quechua » et traduites par elle en espagnol car de nombreux « clients » qui viennent de la capitale ne comprennent pas la langue indienne. Il a pu ĂȘtre vĂ©rifiĂ© que dans son Ă©tat le guĂ©risseur nâest pas en mesure de se souvenir de ce qui se passe pendant la sĂ©ance ni mĂȘme des rĂ©ponses qui sont donnĂ©es Ă son patient. Ni le guĂ©risseur ni les patients ne prennent de drogue, sauf de lâalcool de canne Ă sucre et des feuilles de coca (dont la consommation, lorsque les paysans travaillent dans les champs, est supĂ©rieure Ă celle du rituel). Ceci nous amĂšne Ă penser que lâaltitude joue dans ce cas un rĂŽle trĂšs important. Le glacier oĂč se dĂ©roule le rituel se situe Ă environ 4 200 mĂštres et le manque dâoxygĂšne peut ĂȘtre une des causes qui favorisent lâentrĂ©e en transe. Certains patients perdent Ă©galement connaissance, dâautres se mettent Ă parler de façon dĂ©sordonnĂ©e. Ce qui est une façon de dialoguer avec la divinitĂ© de la montagne.
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La thérapie
Nous allons Ă©tudier maintenant le cas dâune habitante de Lima qui a eu une forte dĂ©pression en apprenant par hasard que son mari avait une maĂźtresse avec laquelle il avait eu un enfant. En rentrant chez elle, elle fit une crise de nerfs et quand elle arrivait en apparence Ă se calmer, elle se mettait Ă pleurer dans un coin. Elle dĂ©cida de se sĂ©parer de son mari mais quand elle voulut en venir au fait, elle sâaperçut quâelle nâavait pas les moyens de subvenir Ă ses besoins, pas dâendroit oĂč aller et, comme si cela ne suffisait pas, câest alors quâelle prit conscience quâelle avait dĂ©jĂ cinquante ans. De plus, elle ne voulait pas que sa famille soit au courant de son infortune. Petit Ă petit, elle se renferma sur elle-mĂȘme, refusant de parler Ă ses enfants, pleurant continuellement ou soupirant sans cesse.
Un an plus tard, son Ă©tat de santĂ© ne sâamĂ©liorait pas. MalgrĂ© les traitement mĂ©dicaux, son cas empirait, provoquant des accĂšs de violence. Elle fut donc internĂ©e Ă deux reprises dans un hĂŽpital psychiatrique, et quand elle rentrait chez elle, elle tombait en Ă©tat de lĂ©thargie mĂ©lancolique. LâannĂ©e suivante, il nây avait toujours aucune amĂ©lioration. De plus elle souffrait de tremblements dus aux Ă©lectrochocs et aux tranquillisants. Un jour un ami de la famille arriva de la montagne. Il lui conseilla de consulter un guĂ©risseur quâil connaissait pour ses guĂ©risons de maladies dĂ©licates. Mais les membres de cette famille se trouvĂšrent confrontĂ©s aux inhibitions et tabous de la religion catholique parce que, pour eux, le guĂ©risseur Ă©tait un sorcier qui pratiquait des rites dĂ©moniaques. Ayant vaincu leurs problĂšmes de conscience, ils dĂ©cidĂšrent de se rendre Ă la montagne pour rencontrer le guĂ©risseur.
Lâhomme leur demanda dâapporter une tenue de lingerie neuve, six oeillets rouges et six blancs, du vin doux et du vin blanc, une bouteille dâanisette, trois pommes rouges, de la jora, prĂ©paration Ă base de maĂŻs pour faire la chicha (biĂšre), du sucre blanc, un Ćuf frais, un cochon dâInde noir, des sucreries, des biscuits en forme de petits animaux, de lâalcool de canne, des feuilles de coca et des cigarettes. Au jour dĂ©cidĂ© par le « pongo », il les emmena au pied dâun rĂ©cif montagneux qui se trouvait Ă environ 4 500 mĂštres. Cette montagne Ă©tait le mont tutĂ©laire de la rĂ©gion dans laquelle rĂ©sidait la divinitĂ© Wamani.
Avec lâensemble des Ă©lĂ©ments apportĂ©s par la patiente, il dressa un autel ou une table dâoffrandes et il expliqua Ă la malade quâil effectuerait un rite pour modifier son sort. Le guĂ©risseur invita les patients et les accompagnateurs Ă sâasseoir en demi-cercle face Ă lui et ils commencĂšrent le rite. La dame dont on sâoccupa en premier, distribua une poignĂ©e de coca Ă chaque personne, et un quart dâheure plus tard ils burent un verre dâĂšalcool de canne. Tous les malades parlaient de leurs maux respectifs. CâĂ©tait une espĂšce de communion, renforcĂ©e par lâeffet de la coca, des cigarettes et de lâalcool. Une demi-heure plus tard, le « pongo » prit la femme par la main et la fit sâagenouiller Ă cĂŽtĂ© du petit autel. Ensuite il demanda la permission au Wamani, lâinterrogeant pour savoir sâil ne voyait aucun inconvĂ©nient Ă ce quâil soigne la malade.
AprĂšs un moment de questions et rĂ©ponses, le « pongo » entreprit la guĂ©rison. Dâabord il lui appliqua lâĆuf sur le corps entier, particuliĂšrement sur la tĂȘte, en finissant par les pieds. Ensuite il fit une pause, cracha le coca quâil avait dans la bouche, en reprit une autre poignĂ©e et un quart dâheure plus tard environ, le rite recommença. Cette fois-ci il passa le cochon dâInde sur tout le corps et Ă la fin de cette manipulation, il y eut une autre pause.
Plus tard commença le paiement appelĂ© Ă©galement « anguso »,. qui consiste Ă rĂ©pandre les vins et le sucre vers dâautres montagnes, dâautres rĂ©gions, en lâoccurrence celle de Lima appelĂ©e San Cristobal. Puis le guĂ©risseur fit quelques pas sur la lingerie quâil avait placĂ©e dâun cĂŽtĂ© de lâautel, rĂ©cita quelques priĂšres, plaça deux Ćillets blancs sur le linge, le fouetta avec une botte de rue et ordonna Ă la femme de changer de lingerie. Ă quelques dĂ©tails prĂšs, câest ainsi que se conclut la cĂ©rĂ©monie. Le lendemain, la malade avait changĂ© du tout au tout. Elle se sentait en pleine forme, Ă©tait de bonne humeur, et un second rite suffit Ă sa guĂ©rison totale.
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LâĂ©quilibre des trois mondes
Ă partir de la gravure de Santa Cruz Pachacuti, nous pouvons voir que lâapparition du cosmos a Ă©tĂ© due Ă lâunion de deux Ă©lĂ©ments, le chaud et le froid, qui ont engendrĂ© lâĂ©nergie, troisiĂšme Ă©lĂ©ment qui fonde notre systĂšme solaire. Si nous considĂ©rons la gravure reprĂ©sentant notre planĂšte, le soleil et la lune crĂ©ent lâĂ©nergie sur la terre. Ils sâidentifient aux Ă©lĂ©ments masculin/fĂ©minin, chaud/froid, jour/nuit. En ce qui concerne les saisons, le printemps et lâĂ©tĂ© se situent du cĂŽtĂ© du soleil et lâautomne et lâhiver, du cĂŽtĂ© de la lune. Lâunion de lâĂ©tĂ© et de lâautomne (chaud/froid) ainsi que celle de lâhiver et du printemps (froid/chaud), tempĂ©ratures opposĂ©es et complĂ©mentaires, font naĂźtre lâĂ©nergie qui rend possible la fertilisation de la terre. Quant aux maladies, elles peuvent ĂȘtre dues aux changements de tempĂ©rature, dâoĂč le soin extrĂȘme apportĂ© aux herbes qui sont appliquĂ©es lors des traitements. Dâabord est dĂ©terminĂ© le genre de maladie en fonction de sa cause : si câest le froid qui a provoquĂ© le mal, le patient se verra ordonner des herbes « chaudes », et dans le cas contraire, des herbes « froides ». On diffĂ©rencie aussi les herbes masculines et fĂ©minines. Tous ces traitements sont valables lorsque lâon a affaire Ă des maladies organiques mais lorsquâil sâagit de maladies « engendrĂ©es par la sorcellerie », la guĂ©rison se fait au pied du glacier.
Le guĂ©risseur a pour rĂŽle de crĂ©er lâharmonie entre le « monde dâen haut » et le « monde dâen bas » pour les relier au « monde dâici » (Ă la surface de la terre). Par le biais de ce rituel lâIndien suit le fil conducteur qui unit lâhomme Ă un monde magico-religieux et lui permet des Ă©changes entre le monde naturel et le monde surnaturel, la conscience et lâinconscient, domaines complĂ©mentaires indissolubles. Par consĂ©quent, la thĂ©rapie indigĂšne conserve lâĂ©quilibre des trois mondes et des Ă©lĂ©ments qui les constituent.